La fourmi et l'entropie
La fourmi et l’entropie (degré de désordre)
(Extrait de…. Hubert Reeves)
De tout temps, les êtres humains ont admiré l’ordre merveilleux de la nature et se sont extasiés sur l’intelligence d’un «être supérieur» responsable de cet agencement.
Cet «ordre» existe-t-il en réalité ou n’est-il que le fruit de notre imagination ?
En 1749, Diderot écrit «La lettre sur les aveugles», un manuscrit qui fait beaucoup de bruit et le conduit en prison.
À la suite d’une lettre de Voltaire, Diderot reprend la plume et rédige une réponse dont voici un extrait : «Cet ordre merveilleux qui se montre de tout cotés, ces rapports infinis que je découvre dans les choses, qu’en penserais-je ? » «Que ce sont des êtres métaphysiques (spéculation) qui n’existent que dans votre esprit.
On remplit un vaste terrain de décombres, jetées au hasard, mais dans lesquels le ver et la fourmi trouvent des habitations fort commodes.
Que diriez-vous de ces insectes si, prenant pour des êtres réels les rapports des lieux qu’ils habitent avec leur organisation, ils s’extasieraient sur la beauté de cette architecture souterraine et sur l’intelligence supérieure du jardinier qui a disposé les choses pour eux.
Comme les fourmis voient un ordre dans un dépotoir où, selon Diderot il n'y en a pas, ainsi la beauté que nous admirons dans la nature serait pure illusion «anthropomorphique» (Tendance à attribuer aux objets naturels, aux animaux et aux créations mythiques des caractères propres à l'homme)

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